Donald Trump a cherché à retenir plus de 800 millions de dollars approuvés par le Congrès pour des programmes liés à l'immigration, aux questions raciales et à l'éducation. La mesure ouvre un nouveau conflit sur le pouvoir de l'exécutif d'empêcher la dépense de crédits autorisés par la procédure législative.
La Maison-Blanche a déclaré que le président utilisait tous les outils disponibles pour réduire les dépenses publiques jugées inutiles ou nuisibles aux citoyens. Son communiqué visait notamment l'aide aux réfugiés, le développement des entreprises détenues par des minorités et la conservation environnementale à l'étranger.
Bien que la Constitution confie au Congrès le contrôle des dépenses fédérales, l'administration affirme que les programmes soutiennent l'immigration illégale, alimentent les tensions raciales et encouragent des politiques environnementales alarmistes. Ces affirmations justifient politiquement la retenue sans modifier les lois budgétaires concernées.
Le mécanisme, appelé résiliation de poche, est une procédure rarement employée visant à empêcher le décaissement avant la fin d'une période budgétaire sans nouveau vote du Congrès. Son utilisation situe le conflit à la frontière entre administration présidentielle et pouvoir budgétaire législatif.
La sénatrice républicaine Susan Collins, présidente de la commission sénatoriale des crédits, a qualifié la manœuvre d'illégale. Elle a accusé le Bureau de la gestion et du budget de saper le pouvoir constitutionnel du Congrès et rejeté toute annulation sans approbation parlementaire.
L'objection de Collins est notable car elle appartient au parti de Trump et dispute une réélection serrée dans le Maine. Sa réaction montre que le conflit institutionnel sur les crédits ne suit pas parfaitement les lignes partisanes lorsque l'autorité même du Congrès est contestée.
L'administration avait utilisé la même tactique l'année précédente pour retenir 4,9 milliards de dollars d'aide extérieure approuvée par le Congrès. La Cour suprême avait refusé de bloquer l'action pendant la procédure judiciaire, laissant un précédent contesté plutôt qu'une décision définitive.



