Le président du Conseil européen, António Costa, a commencé une tournée de quatre semaines dans les capitales de l'Union afin d'identifier les compromis nécessaires au budget 2028–2034. Ses premiers échanges associent les dirigeants slovaque, letton, lituanien et tchèque, tandis que la Suède est écartée pendant sa période électorale.
Costa veut dresser une carte cohérente des lignes rouges nationales avant la phase décisive. Il vise un accord unanime en décembre, car un retard prolongé en 2027 risquerait de ne pas laisser assez de temps pour rendre les nouveaux programmes opérationnels le 1er janvier 2028.
La Commission européenne a proposé une enveloppe de près de 2 000 milliards d'euros, le plus grand budget septennal de l'histoire de l'Union. Un compromis préparé sous la présidence chypriote réduit le total d'environ 2%, mais cette correction ne résout pas les principaux désaccords.
Plusieurs États attachés à la discipline budgétaire et à la modernisation réclament des coupes beaucoup plus profondes, notamment dans l'agriculture et la cohésion régionale. L'Allemagne juge l'échelle actuelle inacceptable, tandis que 17 défenseurs de la cohésion veulent renforcer les crédits agricoles et régionaux.
Les gouvernements acceptent globalement une architecture plus souple, mais restent divisés sur le montant et son financement. La Suède demande une baisse proche de 20%, l'Espagne soutient de nouveaux emprunts européens communs et la Commission propose cinq nouvelles ressources propres.
Le budget doit aussi couvrir des ambitions élargies depuis le cycle précédent: technologies avancées, production de défense, adaptation climatique et soutien durable à l'Ukraine. Ces priorités rivalisent avec les politiques agricoles et de cohésion, rendant toute hausse politiquement coûteuse ailleurs.
La présidence irlandaise devrait présenter en octobre un cadre de négociation détaillé, avant un sommet le même mois et une possible réunion supplémentaire fin novembre. Costa espère ainsi limiter les derniers arbitrages en décembre, quand l'unanimité restera indispensable.



