Le principal responsable politique du Pentagone a déclaré aux ambassadeurs de l'OTAN à Bruxelles que l'Alliance devait s'adapter pendant que Washington examine l'avenir de ses forces en Europe. Elbridge Colby a présenté le processus comme un moyen de favoriser une défense du continent davantage dirigée par l'Europe, et non comme un simple examen des déploiements.
Les États-Unis ont annoncé en juin cette évaluation de six mois. Les gouvernements de l'OTAN ont depuis reçu un questionnaire portant sur les dépenses de défense, la stratégie militaire, les achats et leur soutien aux priorités plus larges de la politique étrangère américaine, réunissant capacités nationales et alignement politique.
L'examen doit produire au moins quatre séries d'options pour le secrétaire à la Défense Pete Hegseth d'ici au 6 novembre. Cette échéance interne précède la conclusion prévue en décembre et laisse ouverte la combinaison finale de forces, de bases et d'ajustements stratégiques.
Colby a précisé que l'exercice concernait la posture stratégique américaine au sens large, et pas seulement les sites et installations. Il a fixé comme objectif une transition vers une défense conventionnelle plus durable et puissante sous direction européenne, estimant que l'OTAN devait changer pour rester efficace.
Le responsable a également qualifié l'Europe de zone essentielle aux intérêts américains et salué les progrès accomplis dans l'Alliance. Il a insisté sur le rôle des consultations et invité les gouvernements à présenter leurs évaluations avant que le Pentagone n'élabore ses recommandations.
Les diplomates ont décrit l'échange de Bruxelles comme positif mais préliminaire. Un représentant allié a vu des signes que les contributions au transfert des responsabilités étaient engagées, tandis qu'un diplomate européen a estimé que la réunion sondait surtout les positions et confirmait que l'Europe montait en puissance.
La discussion a donc ouvert une phase de négociation plutôt qu'annoncé une décision sur les troupes. Les alliés européens ont accepté le principe d'une responsabilité accrue, tout en rappelant que l'unité reste le fondement de la force de l'OTAN et que la conception du partage comptera autant que son ampleur.



