Les ventes de véhicules de marques chinoises au Mexique ont bondi de près de 30% au premier semestre, capturant 17% du marché des véhicules neufs du pays, selon un rapport des distributeurs obtenu par Reuters. Cette hausse est intervenue malgré un tarif de 50% imposé en janvier, une mesure destinée à freiner l'afflux rapide des importations asiatiques et à protéger les emplois nationaux[reference:27].
Les marques chinoises ont représenté 137 525 des ventes du premier semestre 2026, contre 107 712 sur la même période l'année dernière, selon les données de l'Association mexicaine des distributeurs automobiles. BYD, le plus grand constructeur automobile chinois, est resté le premier acteur sur le marché mexicain, bien que ses ventes aient légèrement baissé à 33 969 contre 34 606. Geely a enregistré la plus forte croissance, suivie par MG Motor, Changan et Chirey[reference:28].
L'expansion rapide a alarmé les responsables américains, qui craignent que le Mexique ne devienne un tremplin pour les entreprises chinoises cherchant à entrer sur le marché américain, perturbant potentiellement une industrie qui contribue à hauteur de 1,2 billion de dollars par an à l'économie américaine[reference:29]. La question est devenue un point sensible dans les négociations sur l'avenir de l'accord commercial nord-américain, avec un troisième cycle de pourparlers entre les responsables américains et mexicains prévu mardi à Mexico[reference:30].
Le vice-ministre mexicain du Commerce extérieur, Luis Rosendo Gutiérrez, a contesté les chiffres des ventes, arguant qu'ils sont trompeurs parce que les constructeurs automobiles chinois ont constitué des stocks substantiels avant l'augmentation des tarifs[reference:31]. L'impact réel, a-t-il dit, est visible dans une baisse de 43% des importations de véhicules de marques chinoises au cours des cinq premiers mois de l'année par rapport à la même période de l'année dernière[reference:32].
"Ce qui est important, ce ne sont pas les chiffres de ventes. Ce qui est important, c'est que les mesures ont stoppé les importations de véhicules en provenance d'Asie", a déclaré Gutiérrez[reference:33]. Les données suggèrent que, si les tarifs peuvent freiner les nouveaux envois, le stock existant de véhicules déjà dans le pays est en train d'être écoulé, gonflant temporairement les chiffres de ventes.
La croissance des marques chinoises au Mexique a été extraordinaire. De moins de 1% de part de marché en 2020, elles sont passées à 7% en 2022 et ont atteint 17% au premier semestre de cette année[reference:34]. Guillermo Rosales, président exécutif de l'association des distributeurs, a déclaré que les marques chinoises devraient continuer à gagner des parts de marché, bien qu'à un rythme plus lent que ces dernières années, à mesure que le marché se sature[reference:35].
La situation met en lumière la dynamique complexe du commerce mondial, où les barrières tarifaires destinées à protéger les industries nationales peuvent être contournées par une gestion stratégique des stocks, laissant les décideurs aux prises avec des conséquences imprévues qui brouillent le tableau réel des tendances des importations.



