L'Assemblée générale examine de nouveau une résolution demandant la fin de l'embargo américain contre Cuba, rituel diplomatique désormais dans sa 34e année. Le texte n'est pas contraignant, mais son score mesure le jugement porté sur Washington.
L'an dernier, 165 pays ont voté pour, sept contre et 12 se sont abstenus. L'administration Trump pousse ses partenaires à accroître l'opposition ou l'abstention afin de réduire une majorité que La Havane présente comme la preuve de l'isolement américain.
Le scrutin intervient dans une phase plus coercitive. Donald Trump a intensifié la pression et menacé de droits de douane les pays fournissant du pétrole à l'île, réduisant fortement la disponibilité de carburant.
Les pénuries dépassent les transports. Les coupures touchent la cuisine, le pompage de l'eau, internet et le téléphone, liant directement l'embargo à la dégradation quotidienne des conditions de vie.
Washington attribue la crise au gouvernement autoritaire cubain et à sa gestion économique. Les représentants américains accusent aussi La Havane d'utiliser le vote pour détourner l'attention des prisonniers politiques et de la répression.
Cuba répond que l'embargo et les sanctions financières bloquent commerce, paiements et fournitures essentielles. Mike Waltz et Bruno Rodríguez ont rompu le décorum en échangeant des accusations dans l'hémicycle.
L'embargo remonte à 1960, après la révolution de Fidel Castro et la nationalisation de biens américains. Les votes annuels n'ont pas changé la loi, car l'Assemblée ne peut contraindre Washington à abroger ses propres restrictions.
Le résultat immédiat sera donc politique. Une majorité réduite validerait le lobbying américain ; un nouveau vote massif renforcerait l'argument cubain, sans soulager les familles une fois les délégations parties.



