Le gouvernement brésilien envisage de prolonger de 60 jours la taxe de 12 % sur les exportations de pétrole brut. L'équipe économique compte de nouveau recourir à l'autorité du commerce extérieur Camex, qui doit examiner la proposition avant l'expiration de la résolution actuelle le 9 septembre.
Le prélèvement avait été instauré par mesure provisoire en mars afin de financer les subventions aux carburants et de contenir les tensions liées à la guerre en Iran. La mesure a expiré le 9 juillet et le comité exécutif de la Camex a publié le lendemain une résolution maintenant la taxe.
Les producteurs ont saisi la justice fédérale à Brasilia. Ils soutiennent que la résolution commerciale ne dispose pas d'un fondement administratif autonome, prolonge abusivement une mesure expirée et affaiblit le contrôle du Congrès sur un impôt que les parlementaires n'ont jamais voté.
Le ministère des Finances affirme que la politique a produit des effets réglementaires au-delà des recettes. Il invoque la hausse du raffinage, la baisse des importations et l'augmentation de la production nationale, surtout de diesel, ainsi que la volatilité, les contraintes logistiques et les risques pesant sur le détroit d'Ormuz.
Le conflit diffère du contentieux portant sur une taxe de 9,2 % instaurée en 2023. En juillet, la première chambre de la Cour suprême fédérale avait validé cette mesure et reconnu sa fonction réglementaire autant que budgétaire au regard de ses objectifs économiques, monétaires et anti-inflationnistes; les entreprises attaquent désormais l'instrument postérieur à l'expiration.
La taxe actuelle a rapporté 8 milliards de réaux à l'État fédéral. Les dirigeants du secteur opposent cette charge aux subventions bénéficiant à Petrobras, qui doit distribuer 17,4 milliards de réaux de dividendes au titre du premier trimestre, dont 6,2 milliards au gouvernement, son principal actionnaire.
Les producteurs doutent aussi que retenir davantage de brut au Brésil produise l'effet recherché, les raffineries ne pouvant absorber toute l'offre. Un représentant a cité des installations de Petrobras fonctionnant à 101 % ou 104 % de leur capacité nominale, tandis que les autorités ont envisagé puis écarté une baisse à 5 % ou 6 %.
La prolongation dépend enfin du calendrier incertain de sortie des subventions. Les entreprises réclament un plan prévisible pour éviter des distorsions en faveur de Petrobras, tandis que les Finances ont indiqué que les aides pourraient cesser si le baril se stabilise près de 80 dollars.



