Afrique

Le Zimbabwe ouvre un nouveau chapitre foncier avec trois voies pour les fermes contestées

Le gouvernement rendra 67 fermes protégées par traité, restituera 840 biens acquis par erreur et permettra à 409 fermiers blancs d'acheter les terres occupées, sans revenir sur la redistribution.

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Le Zimbabwe se prépare à régler trois catégories distinctes de revendications agricoles plus de vingt ans après la transformation de la propriété rurale par la réforme accélérée. Le gouvernement d'Emmerson Mnangagwa affirme corriger des erreurs et obligations juridiques précises, sans revenir sur la redistribution lancée après 2000.

La première catégorie concerne 67 fermes protégées par des accords bilatéraux d'investissement. Liées à des investisseurs danois, allemands, néerlandais et suisses, elles avaient été désignées pour acquisition obligatoire mais étaient restées inoccupées. Elles sont rendues afin que le Zimbabwe règle ses obligations conventionnelles.

Un deuxième groupe comprend 840 fermes intégrées par erreur, selon les autorités, au processus d'acquisition. Elles doivent revenir à leurs propriétaires noirs zimbabwéens. Le troisième réunit 409 fermiers blancs restés sur les terres avec les bénéficiaires; ils pourront acheter les parcelles occupées grâce à un mécanisme lié à l'indemnisation des améliorations admissibles.

Le ministre de l'Agriculture Anxious Masuka a déclaré au Parlement que le processus conventionnel ne devait pas être confondu avec un rétablissement de l'ordre antérieur. Les autorités maintiennent que la réforme est irréversible et délivrent des titres aux bénéficiaires afin de sécuriser l'occupation et encourager les investissements.

Le conflit a des racines profondes. À l'indépendance en 1980, les fermiers commerciaux blancs contrôlaient une part disproportionnée des meilleures terres. La redistribution initiale sous Lancaster House reposait sur les achats volontaires mais progressait trop lentement. Après l'échec d'un référendum en 2000, des vétérans et partisans de la ZANU-PF ont multiplié les occupations ensuite officialisées par l'État.

Les partisans considéraient les saisies comme une libération inachevée, mais le processus a aussi connu violence, intimidation, discrimination politique et incertitude juridique. L'agriculture commerciale a été gravement perturbée, contribuant à une crise alimentée également par les problèmes budgétaires, monétaires, la sécheresse et d'autres échecs. La politique actuelle sépare des revendications aux fondements différents.

Les décisions sont aussi liées à la volonté de reconstruire les relations avec les gouvernements occidentaux, créanciers et investisseurs. Les fermes protégées sont distinctes du cadre d'indemnisation de 3,5 milliards de dollars conclu en 2020 pour les améliorations réalisées par d'anciens exploitants admissibles. Les paiements ont commencé en 2025, mais les contraintes financières ont freiné l'engagement global.

La nouvelle approche a ravivé l'espoir d'anciens propriétaires tout en inquiétant des vétérans craignant que les bénéficiaires perdent leurs terres. Cette tension en fixe les limites: le gouvernement veut corriger les erreurs, respecter les traités et améliorer le climat d'investissement sans renier un programme central pour l'identité nationale, la légitimité de la ZANU-PF et la redistribution de l'héritage colonial.