Le président nigérian Bola Tinubu a approuvé des augmentations de salaire comprises entre 30 % et 80 % pour environ 250 000 membres des forces armées. Le gouvernement a présenté la mesure comme un moyen de renforcer le moral et le bien-être des troupes alors que l'armée affronte plusieurs crises de sécurité persistantes.
La nouvelle grille salariale entrera en vigueur le 1er septembre. Elle fera passer la masse salariale militaire annuelle de 660 à 924 milliards de nairas, soit une hausse de 264 milliards.
L'ajustement le plus important bénéficiera aux personnels allant du simple soldat au sergent d'état-major, dont la solde augmentera de 80 %. Les grades compris entre adjudant et colonel recevront 50 %, tandis que les officiers au-dessus du grade de colonel, y compris les généraux, bénéficieront d'une hausse de 30 %.
La décision intervient alors que les forces de sécurité combattent les insurgés de Boko Haram et de la Province de l'État islamique en Afrique de l'Ouest dans le nord-est, les groupes de bandits armés dans le nord-ouest et les enlèvements répandus dans plusieurs régions du pays. Ces opérations simultanées exercent une pression durable sur le personnel et les capacités militaires.
Tinubu a présenté la revalorisation comme une reconnaissance des sacrifices consentis par les militaires. Il a également associé l'amélioration de leur bien-être à un engagement plus large visant à moderniser les forces armées grâce à de meilleurs équipements et technologies.
Le sénateur Abdulaziz Yar'Adua, président de la commission de l'Armée au Sénat, a qualifié l'augmentation de soutien opportun au moral. Il a estimé que la nouvelle structure pouvait renforcer la combativité des troupes déployées contre l'insécurité dans le pays.
Le sénateur Ahmad Lawan, président de la commission de la Défense au Sénat, a décrit cette dépense supplémentaire comme un investissement stratégique dans la sécurité nationale. Il a appelé les forces armées à répondre par davantage de professionnalisme et par une coopération plus étroite entre l'Armée de terre, la Marine et l'Armée de l'air.
Les augmentations différenciées concentrent la plus forte progression sur les personnels subalternes, dont beaucoup servent en première ligne. La politique comporte désormais un test budgétaire et opérationnel : Abuja doit absorber la masse salariale accrue tout en transformant la meilleure rémunération en fidélisation, coordination et efficacité renforcées face aux menaces violentes.



