Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a demandé un cessez-le-feu rapide et géographiquement limité en mer Noire pour protéger les cargaisons de céréales ukrainiennes et russes. Il a présenté cette proposition à la réunion de deux jours des ministres du G20 à Atlanta.
Sikorski a justifié l'urgence par les besoins des pays du Sud dépendants d'importations abordables. Un corridor commercial protégé ne réglerait pas la guerre, mais il pourrait isoler une nécessité humanitaire et économique de l'affrontement militaire qui se poursuit sur terre.
Le ministre a insisté sur la présence de l'Ukraine dans toute tentative visant à mettre fin à l'invasion russe. L'Europe dispose elle aussi de leviers et ne peut rester spectatrice, car sanctions, achats d'énergie et architecture de sécurité conditionneront tout règlement durable.
Sa position comporte une deuxième condition : l'énergie russe ne devrait pas retrouver librement son ancien marché européen avant une fin équitable de la guerre. Un arrangement maritime se trouve ainsi lié au débat plus difficile sur les sanctions et l'accès économique futur de Moscou.
La réunion d'Atlanta a aussi révélé une bataille distincte sur la place de la Pologne dans la diplomatie mondiale. Les États-Unis ont proposé son admission comme membre à part entière du G20, invoquant ses performances économiques et son influence croissante.
La Russie s'y oppose. Sergueï Lavrov a estimé que l'invitation de Varsovie comme observateur violait la pratique consensuelle du groupe, tandis que des responsables occidentaux préviennent que cette opposition pourrait retarder l'adhésion pendant des années. Londres a néanmoins invité Donald Tusk au sommet de 2027.
Le test immédiat consiste à traduire l'idée d'une trêve en règles réciproques pour les ports, les cargaisons et la sécurité des navires. Sans accord russo-ukrainien, contrôle et application, elle restera politique; avec ces garanties, elle pourrait rétablir les flux alimentaires sans prétendre conclure la paix générale.



