La Bolivie a prolongé de 12 mois le gel des prix des carburants, en maintenant l'essence, le diesel et d'autres carburants réglementés à leurs niveaux actuels tout en préparant un nouveau mécanisme de fixation des prix lié aux valeurs internationales du pétrole et au taux de change moyen du dollar.
La mesure figure dans le décret suprême 5652, signé par le président Rodrigo Paz Pereira le 9 juillet 2026. Le texte modifie des dispositions adoptées plus tôt dans l'année et étend le même cadre temporaire au gaz naturel véhiculaire, qui n'avait pas été inclus dans le dispositif initial.
Selon le décret, l'essence spéciale restera à 6,96 bolivianos par litre et le diesel à 9,80 bolivianos par litre pendant la période de transition. Le gel concerne également le gaz naturel véhiculaire, le gaz de pétrole liquéfié et les essences d'aviation.
Une fois la période de 12 mois achevée, les prix intérieurs des carburants seront calculés au moyen d'une formule combinant la valeur internationale d'achat du carburant en dollars, le taux de change moyen du mois précédent et un facteur d'ajustement. Ce changement introduit un lien explicite entre les prix locaux des carburants et les conditions du marché extérieur.
Le facteur d'ajustement est défini en divisant 10,4003 par le taux de change moyen mensuel. En pratique, ce mécanisme permet à l'État de continuer à absorber une partie du coût des carburants lorsque le taux officiel du dollar dépasse ce niveau, en conservant une composante de subvention destinée à amortir l'effet sur les consommateurs.
Cette évolution intervient après l'éloignement de la Bolivie du cadre de change fixe en vigueur depuis 2011. Alors que le pays avance vers un régime monétaire plus flexible, le gouvernement redéfinit la manière de protéger les prix intérieurs des carburants face aux coûts d'importation et aux variations du taux de change.
Le décret autorise également le ministère de l'Économie et des Finances publiques à allouer jusqu'à 1 milliard de dollars à l'entreprise publique d'énergie YPFB afin de couvrir l'écart entre les coûts d'importation et le prix de parité internationale du pétrole. Des fonds supplémentaires, y compris en monnaie nationale, pourront être approuvés si YPFB en a besoin et si les autorités énergétiques compétentes certifient cette nécessité.
La décision s'inscrit dans une réforme plus large du secteur énergétique menée par l'administration Paz Pereira, qui comprend une nouvelle législation sur les hydrocarbures, l'électricité et l'investissement. L'orientation déclarée est de réduire les distorsions créées par le coût croissant des subventions tout en maintenant l'approvisionnement intérieur pendant la transition.



