L'Iran pourrait accéder à de nouvelles recettes pétrolières grâce à un allègement temporaire des sanctions américaines, mais cette mesure ne libère pas automatiquement le volume bien plus important d'avoirs accumulés à l'étranger après des décennies de restrictions. Les fonds détenus ou limités en Inde, en Chine, en Irak et dans d'autres juridictions restent soumis à des contrôles juridiques et financiers distincts.
Cette ouverture fait suite à un mémorandum en 14 points conclu entre Washington et Téhéran. Les États-Unis ont délivré une licence générale temporaire autorisant jusqu'au 21 août la production, la livraison et la vente de pétrole brut, de produits pétrochimiques et de produits pétroliers iraniens, ainsi que les opérations bancaires, d'assurance et de transport associées.
La licence pourrait procurer jusqu'à 3 milliards de dollars à l'Iran en deux mois. Son effet immédiat consiste à faciliter le paiement des ventes énergétiques actuelles, plutôt qu'à rétablir pleinement l'accès aux avoirs précédemment gelés ou à normaliser la position iranienne dans le système financier international.
Un démantèlement plus large serait nettement plus complexe. Le dispositif combine des décrets présidentiels, des lois adoptées par le Congrès, des restrictions internationales et des milliers de désignations visant des personnes, des entreprises, des navires et des aéronefs. La Maison-Blanche peut révoquer les mesures exécutives, mais les sanctions inscrites dans la loi nécessitent une intervention du Congrès.
Le travail administratif prendrait également du temps. Plus de 1 000 personnes, navires et aéronefs liés à l'Iran ont été désignés par le Trésor américain depuis le début de 2025, tandis que le retrait de milliers d'entrées des listes restrictives pourrait demander au moins un an. Les mesures distinctes imposées par la Grande-Bretagne, l'Union européenne et d'autres juridictions resteraient en dehors d'une décision américaine.
La confiance des entreprises constitue un autre obstacle. Les banques, assureurs et groupes énergétiques devraient encore mener de vastes contrôles de conformité, évaluer leur exposition aux réseaux de contournement et prendre en compte les risques judiciaires. Même en cas d'allègement formel, les investissements de grande ampleur devraient rester limités tant que le nouveau cadre ne paraîtra pas durable et politiquement stable.



