La République dominicaine a ordonné l'expulsion de neuf responsables diplomatiques cubains et de leurs familles, sans donner de motif. La décision a immédiatement ouvert un différend avec La Havane sur le nombre de personnes concernées comme sur la portée politique de la mesure.
Cuba affirme que l'ordre touche 10 fonctionnaires et non neuf, et le qualifie de soumission à la politique des États-Unis contre l'île dans un contexte de blocus énergétique et financier. Son ministère des Affaires étrangères juge l'action dominicaine totalement injustifiée et regrette la décision du président Luis Abinader.
Les expulsions interviennent après la création en mars du Bouclier des Amériques, initiative géopolitique et de sécurité régionale lancée par le président américain Donald Trump. Cuba a été exclue de ce dispositif en raison des divergences politiques et de la montée des tensions entre Washington et La Havane.
La mesure s'inscrit aussi dans une évolution plus large parmi les gouvernements conservateurs latino-américains. La Colombie et l'Équateur figurent parmi les pays qui ont récemment rompu leurs relations avec Cuba ou fermé leur ambassade sur place tout en proclamant leur alignement politique sur Trump.
Saint-Domingue n'a pas publiquement relié sa décision à ce mouvement régional, laissant le motif inexpliqué. L'absence de justification officielle, ajoutée à l'affirmation cubaine qu'un plus grand nombre d'agents est touché, accentue l'incertitude entourant cette rupture diplomatique.
Miguel Mejía, ancien ministre dominicain des Politiques d'intégration régionale, a qualifié l'action d'extrême. Il en a comparé la gravité à la rupture imposée pendant les 31 ans de dictature de Rafael Leonidas Trujillo, achevée en 1961, rattachant ainsi l'ordre à l'un des précédents les plus lourds de la relation bilatérale.
Mejía a exigé que le gouvernement expose ses raisons à la population dominicaine, tandis que La Havane présente les expulsions comme un volet d'une pression plus générale contre Cuba. Faute d'explication de Saint-Domingue, les conséquences diplomatiques immédiates sont manifestes, mais le calcul ayant conduit à cette décision demeure inconnu.



