Taïwan participera de nouveau au rassemblement annuel du Forum des îles du Pacifique lorsque les dirigeants régionaux se réuniront aux Palaos à partir du 30 août, après son exclusion de l'événement organisé l'an dernier aux Îles Salomon. La décision maintient une place pour Taipei autour de la principale réunion politique régionale malgré les demandes répétées de Pékin visant à l'écarter.
Le secrétaire général du Forum, Baron Waqa, a présenté Taïwan comme un partenaire important du développement après la réunion des ministres des Affaires étrangères du Pacifique aux Fidji. Taïwan n'est pas un partenaire officiel du dialogue, mais continuera à organiser ses propres rencontres avec des membres de la famille du Forum en marge du sommet et hors du programme formel.
La Chine s'oppose à toute présence de ce type et affirme que Taïwan n'est pas un État souverain. Pékin qualifie sa participation au Forum d'erreur historique, transformant l'organisation des réunions informelles en un nouvel indicateur de la manière dont les institutions du Pacifique gèrent la pression des puissances extérieures.
La confirmation de la présence taïwanaise intervient alors que les membres ne parviennent toujours pas à s'entendre sur une déclaration commune relative au tir chinois, le 6 juillet, d'un missile à capacité nucléaire près de Tuvalu. Même un texte prudemment formulé pour exprimer une préoccupation n'a pas obtenu de consensus en raison des objections de Nauru et de Kiribati.
Waqa a fait état de positions divergentes : certains gouvernements privilégient une déclaration générale sur les essais de missiles, tandis que d'autres souhaitent un texte centré sur le tir chinois. Il a souligné que les communiqués du Forum doivent être collectifs et acceptés par chaque membre, et estimé que Nauru et Kiribati avaient exprimé leurs positions souveraines plutôt que simplement bloqué le document.
Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, a critiqué le désaccord sans nommer les deux pays. Il a soutenu que les États du Pacifique, forts de leur longue histoire régionale, devaient définir eux-mêmes leur position et ne pas laisser des acteurs extérieurs leur dicter leur réponse.
Les ministres ont aussi été confrontés à la faible mobilisation internationale autour d'une réunion climatique pré-COP prévue aux Fidji. Chris Bowen, ministre australien du Changement climatique et président des négociations de la conférence climatique de l'ONU de cette année, a invité les chefs d'État et de gouvernement à la réunion et à une visite annexe à Tuvalu, mais n'avait encore reçu aucune réponse positive.
Waqa a estimé qu'il était encore trop tôt pour connaître la participation finale et indiqué que les gouvernements du Forum intensifieraient leur mobilisation. Le retour de Taïwan, l'impasse sur la déclaration relative au missile et l'incertitude autour de la pré-COP montrent ensemble une organisation qui cherche à protéger son consensus et son autonomie face à des pressions stratégiques et climatiques simultanées.



