Les combattants houthis ont tenté lundi de prendre des hauteurs stratégiques du sud du Yémen susceptibles de couper la côte de la mer Rouge des zones encore tenues par les forces gouvernementales soutenues par Riyad. Cinq responsables militaires yéménites ont désigné les monts Kahboub, à Taïz et Lahij.
Le groupe aligné sur l'Iran a conquis ce mois-ci la côte yéménite de la mer Rouge lors d'une avancée rapide qui a mis en déroute des unités gouvernementales. L'Arabie saoudite a lancé des centaines de frappes dans les hauteurs et sollicité à plusieurs reprises une intervention américaine directe.
Le New York Times affirme que l'administration Trump avait préparé des frappes dimanche après de nouvelles demandes saoudiennes, avant que Donald Trump ne les annule pendant le chargement des bombes. Reuters n'a pu vérifier cette version; le commandement central américain a renvoyé vers la Maison-Blanche, restée silencieuse.
Rashid al-Alimi, chef du gouvernement yéménite internationalement reconnu, a demandé dimanche par téléphone une aide militaire à Trump, ont indiqué quatre personnes informées. Deux précisent que le président américain n'a pris aucun engagement direct, laissant la position de Washington indécise pendant l'intensification des combats.
Le coût humain a fortement augmenté. Les chiffres des Nations unies font état de près de 700 morts, de milliers de blessés, d'environ 130 000 déplacés à l'intérieur du Yémen et de plus de 3 000 personnes contraintes de traverser la mer Rouge en bateau.
Les combats se concentrent aux abords du district montagneux isolé d'Al-Wazi'iyah, à Taïz, et à Ras al-Ara sur l'océan Indien. La maîtrise des hauteurs peut déterminer si les Houthis consolident leur avance ou si les forces gouvernementales conservent les positions nécessaires à une contre-offensive.
L'offensive menace aussi les routes proches de Bab el-Mandeb, alors que Riyad dépend des exportations par la mer Rouge pour contourner les perturbations à Ormuz. Londres a accepté un ravitaillement défensif temporaire et Paris s'est dit prêt à sécuriser les infrastructures de Yanbu et l'oléoduc Est-Ouest.



