Moyen-Orient

La FINUL enregistre la plus forte escalade israélienne au Liban depuis le cadre de cessez-le-feu de juin

Les Casques bleus ont compté 113 projectiles israéliens mercredi et 120 en seize heures jeudi, ainsi que des frappes aériennes, des déplacements et de nouvelles victimes autour d'Al-Mansuri et ailleurs dans le sud du Liban.

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Les Casques bleus des Nations unies au Liban ont enregistré la plus forte poussée de l'activité militaire israélienne depuis le cadre de cessez-le-feu du 26 juin, avec d'intenses tirs de projectiles, des violations répétées de l'espace aérien et des frappes concentrées autour d'Al-Mansuri. L'escalade met à l'épreuve un accord destiné à soutenir le retrait israélien et le déploiement de l'armée libanaise dans le sud.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban a compté 113 projectiles tirés par l'armée israélienne mercredi et 120 autres entre minuit et 16 heures jeudi. Le total de ces seize heures est le plus élevé pour une seule journée depuis le 21 juin. La FINUL n'a détecté aucun lancement de projectile du Hezbollah pendant ces deux périodes d'observation.

L'activité aérienne s'est également intensifiée. Les Casques bleus ont recensé mercredi 49 violations de l'espace aérien libanais, représentant plus de 131 heures de survol, ainsi que trois frappes au nord-ouest d'Al-Mansuri. Jeudi, ils ont observé 29 autres violations et confirmé au moins trois frappes supplémentaires près de la localité.

La FINUL avait connaissance de récits faisant état de la mort de deux soldats israéliens et de plusieurs blessés dans une explosion après l'entrée de troupes dans une installation de la zone d'Al-Mansuri avant une démolition prévue. La mission n'a pas directement vu ni entendu l'explosion, mais elle a enregistré un ordre israélien ultérieur d'évacuation et de déplacement. Soixante-dix-sept des 113 projectiles de mercredi ont touché Al-Mansuri et ses environs.

La mission continue d'examiner les signalements d'infrastructures non autorisées, notamment une possible activité de tunnels, au moyen de procédures de liaison et de coordination. Elle a aussi observé d'importantes concentrations de moyens militaires, des travaux de génie et des mouvements logistiques dans ses secteurs est et ouest ainsi qu'au nord du Litani. Des patrouilleurs israéliens ont pénétré lundi dans les eaux territoriales libanaises avant de repartir vers le sud.

Les dommages aux civils ont dépassé Al-Mansuri. Des frappes nocturnes ont blessé huit personnes à Burj Al-Shemali, près de Tyr, tandis qu'une autre frappe à Tibnine, dans le gouvernorat de Nabatieh, a tué une personne et en a blessé 12, a indiqué le ministère libanais de la Santé publique. Environ 30 familles ont quitté Al-Mansuri pour Tyr et se sont installées dans des abris collectifs ou chez des proches pendant la mobilisation de l'aide.

La pression humanitaire reste forte même là où les déplacés sont revenus. Près de 90 % des ménages déplacés de la Bekaa occidentale ont regagné leurs villages, mais beaucoup signalent des dégâts aux logements, commerces, écoles et réseaux d'eau, ainsi que des moyens de subsistance perturbés et des inquiétudes persistantes. Les Casques bleus éliminent aussi des risques explosifs, dont des restes de bombes à sous-munitions découverts près de Marjayoun.

Le Liban et Israël ont conclu le cadre négocié par les États-Unis le 26 juin, et Washington a annoncé le début de sa mise en œuvre le 20 juillet. Le dispositif prévoit le départ des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise. L'ampleur des tirs, des opérations aériennes et des déplacements de cette semaine révèle la fragilité persistante de l'application et l'étroite imbrication de la sécurité, du contrôle territorial et du redressement civil.