Le bloc régional ouest-africain CEDEAO a demandé au gouvernement militaire de Guinée-Bissau de libérer sans condition toutes les personnalités politiques détenues, y compris le leader de l'opposition Domingos Simoes Pereira, avertissant que leur détention continue menace la crédibilité de la transition du pays vers un gouvernement démocratique.
Cette demande a été formulée à l'issue d'un sommet des chefs d'État en Sierra Leone, où les dirigeants de la CEDEAO ont publié une déclaration selon laquelle la libération de tous les prisonniers politiques pourrait "renforcer la crédibilité du processus de transition". L'intervention du bloc reflète l'inquiétude croissante de la communauté internationale quant à la trajectoire de cette petite nation d'Afrique de l'Ouest, qui est sous régime militaire depuis novembre dernier.
Les dirigeants militaires de Guinée-Bissau ont pris le pouvoir lors d'un coup d'État en novembre 2025 et ont adopté une charte de transition d'un an le mois suivant. Pereira, ancien Premier ministre et leader du parti révolutionnaire PAIGC, a été détenu le jour du coup d'État, mais a été placé en résidence surveillée en février, dans ce qui semblait être une tentative d'apaiser la CEDEAO. Cependant, un tribunal militaire a ordonné son retour en prison le 10 juillet, a indiqué sa famille à Reuters la semaine dernière.
Pereira a été accusé de crimes économiques et de participation à une tentative présumée de coup d'État en octobre 2025, des accusations qu'il a toujours niées. Ses partisans estiment que cette affaire est motivée par des raisons politiques et vise à marginaliser une figure clé de l'opposition avant les élections. Le gouvernement militaire n'a pas officiellement répondu à la dernière exigence de la CEDEAO.
Selon la déclaration de la CEDEAO, le pays doit organiser un référendum constitutionnel le 30 août, suivi d'élections générales le 6 décembre 2026. Cependant, le gouvernement de Guinée-Bissau n'a pas officiellement annoncé ces dates, ce qui soulève des questions quant au respect du calendrier de transition.
La crise politique en Guinée-Bissau, l'un des pays les plus pauvres du monde, a été marquée par des coups d'État répétés et une instabilité depuis son indépendance du Portugal en 1974. La transition actuelle dirigée par les militaires est suivie de près par les acteurs régionaux et internationaux, qui ont exhorté les autorités à rétablir le gouvernement civil et à organiser des élections crédibles.
L'appel de la CEDEAO en faveur de la libération de Pereira souligne la détermination du bloc à tenir le leadership militaire responsable de ses engagements de transition. Un porte-parole du gouvernement n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur la situation de Pereira mardi, laissant le sort du leader de l'opposition incertain à l'approche du référendum d'août.



